La formation professionnelle, levier de la RSE

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La construction des compétences passe par le soutien

[Mise à jour : 20 octobre 2017Pour bon nombre d’entreprises, la RSE est une matière première qui alimente « le ministère de la parole ». Pour d’autres, heureusement de plus en plus nombreuses, c’est un moyen d’agir.

La RSE se définit traditionnellement par sa fonction classique de rendre compte des impacts des décisions et activités de l’entreprise sur la société et l’environnement. Elle pourrait donc se borner à la préservation des ressources. Mais elle doit aller plus loin et s’intéresser au développement de ces ressources. C’est notamment le cas du « capital humain », à l’heure où les technologies et les compétences sont soumises à une obsolescence de plus en plus rapide (voir: Sommes-nous tous du capital humain ?).

Dans notre société de la connaissance, la formation est ce qui permet aux acteurs économiques, entreprises et individus, de se distinguer, de tirer leur épingle d’un jeu concurrentiel sans merci. Elle soutient l’innovation et la compétitivité.

La formation professionnelle (« tout au long de la vie… ») est le carburant de la sécurisation des parcours professionnels : elle accompagne les hommes et les femmes pour les aider à passer le cap des mutations économiques, pour développer leur potentiel et participer à leur progression professionnelle et personnelle. Rappelons qu’avec ou sans politiques de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) on constate que les salariés qui sont le plus fortement victimes des restructurations sont aussi ceux qui ont le moins bénéficié de la formation. Et les chercheurs ont montré que la durée moyenne du chômage est d’autant plus longue que la formation reçue lors des dernières années en poste était faible. Il y a donc bien une responsabilité sociale à former et mieux former, obligation plusieurs fois renforcée par la jurisprudence.

La formation est en elle-même un levier de RSE. Mais c’est aussi la façon dont ce levier est actionné qui importe. En effet, la formation soutient la mise en place des politiques qui donnent chair à la RSE, par exemple :

  • égalité professionnelle (vérifier que les femmes bénéficient d’un effort de formation suffisant pour accompagner leur ascension dans les prises de responsabilité),
  • inclusion, diversité et non-discriminations (formation des salariés handicapés, des moins qualifiés, des seniors et plus généralement des traditionnels oubliés de la formation),
  • santé au travail (formation des managers à la prévention des risques psychosociaux, par exemple).

De même, l’efficience du levier formation en matière de RSE dépend aussi de son insertion au sein des dispositifs de RH tendus vers le développement et l’adaptation des compétences : entretiens professionnels, situations apprenantes, valorisation des acquis, GPEC, etc.

Il faut aussi être attentif à l’orientation de l’effort de formation. Si celui-ci est entièrement alloué à l’adaptation des salariés à leur poste de travail, il ne remplit pas un objectif de responsabilité sociale puisqu’il a pour effet d’enfermer le salarié dans son poste au lieu de l’aider à progresser et à acquérir les moyens de son autonomie. Les compétences dites « transversales » et « transférables », qui accompagnent les évolutions et les mobilités, jouent donc un rôle privilégié en matière de RSE.

Les entreprises n’ont aucun intérêt, dans l’état actuel des dispositifs, à financer les formations destinées à développer les compétences permettant à leurs salariés de développer leurs compétences transférables et préparer leur reconversion professionnelle. Pour concrétiser la responsabilité sociale, il faudrait donc reconcevoir les dispositifs afin d’internaliser les coûts sociaux afférents, ce vers quoi la négociation initiée sur la formation professionnelle n’ira pas.

Enfin, la RSE est aussi une approche qui fédère, qui rassemble le collectif de travail. Or nous savons, d’ores et déjà, que le monde des « sans » de demain, les sans-travail, les sans-domicile, sera peuplé de ceux qui sont restés à l’écart de la construction des compétences. C’est toute la chaîne qui va de l’école jusqu’aux dispositifs de formation continue, qui doit être mobilisée.

A l’occasion de la négociation sur la réforme de la formation professionnelle qui s’engage, je vous propose de poursuivre le débat en consultant le premier d’une série de trois articles que je publie sur le site des Echos : « Formation professionnelle : les impasses de la réforme (1/3) », 21 octobre 2013

Martin RICHER, consultant en Responsabilité sociale des entreprises

Pour aller plus loin sur le sujet, lire: « RSE et emploi : Construire les compétences, développer l’employabilité »

Crédit image : « Jeunes filles au piano », huile sur toile, 1892, par Auguste Renoir (1841–1919), Robert Lehman collections, Metropolitan Museum, New York. Une jeune fille blonde déchiffre une partition qu’elle joue de la main droite. A ses côtés, une jeune fille brune penchée sur le piano la guide et suit la partition des yeux.

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